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Henri III de France


SA RÉSIDENCE CHAMPÊTRE

Le nom d'Ollainville reste attaché à la figure royale d'Henri III (1574-1589).
Troisième fils d'Henri II et dernier Valois, il venait d'être élu roi de Pologne lorsque la mort de son frère Charles IX le rappela en France.
Critiqué pour ses goûts efféminés et pour les faveurs qu'il accordait à ses "mignons" c'est pourtant pour une femme, la reine Louise de Vaudemont qu'il acquit en 1576 une résidence champêtre à Ollainville.
II vient souvent trouver refuge avec la reine dans son château d'Ollainville près de Paris auquel il est très attaché.
Henri a acheté ce refuge royal à Benoît Milon Président de la Cour des Comptes. II le fit restaurer en 1578, 1579 et 1580.
Dans le journal du roi, en janvier 1579 on lit "le vendredi 25 le roy alla à Olinville se baigner et se purger..."
Dans l'histoire de Marcoussis par Malte-Brun on apprend que François de Balzac eut l'occasion d'y visiter plusieurs fois son royal voisin.
Il reste des lettres patentes
(1) qu'y donna Henri III en l'an 1578 aux mois de juillet et de novembre et dans l'année 1580 au mois de novembre. On voit dans les registres du parlement au 5 décembre 1596 mention du don fait par le roi de la terre d'Olinville à sa sœur la duchesse d'Angoulême légitimée de France. Néanmoins, on lit ailleurs que Henri III l'avait donnée à Michel de Marillac, Conseiller d'État.

Les vestiges du château

On peut voir les vestiges de ce château démoli en 1831
(2), place de la Rocade aux Terrasses du Château. L'Orangerie, plus ancienne, fut jetée bas en ruines en 1978 et laissa son nom à la place de l'Orangerie. Elle avait été convertie en ferme. Au cadastre il est fait mention du Parc du Château (ancien Parc, Dessus du Parc) pour des terres agricoles à droite de la route de Baillot en rejoignant la route de Limours. On aperçoit encore les restes d'une sorte de fossé qui marquait probablement la limite de ce parc (douves ?).

II existe une seule reproduction ancienne, sans date ni signature, reproduite il y a quelques décennies en carte postale (collection Allorge). Le château d'Ollainville y a belle allure et la légende indique que le principal corps de bâtiment est du temps de Henri III. Le château était carré avec fossés pleins d'eau et une tour ronde à chaque angle. Agrandi au fil des époques, en particulier par le maréchal de Castries en 1782, il est assez hétéroclite dans son style quoique majestueux.

Le principal corps de bâtiment est du temps de Henri III.
Le Château était carré avec fossés pleins d'eau et une tour ronde à chaque angle.
Agrandi par le maréchal de Castries en 1782 et démoli en 1831
(2).

Un document de 1790 notait à propos de ce château :
"II n'y a point d'Eglise en cet endroit, mais seulement une Chapelle domestique au château".

(1) Lettres patentes, lettres royaux ou de chancellerie, expédiées au nom du Roi, et autres actes directement émanés de lui.
(2) D'autres documents établissent la démolition en 1817.


Sommaire histoire d'Ollainville


Source : Pages d'histoire à Ollainville "Un village de l'Essonne à travers les siècles" par Georges SOLOVIEFF, avec son aimable autorisation.
Page réservée à un usage personnel ou pédagogique et non commercial.

Henri III (Fontainebleau, 1551 — Saint-Cloud, 1589).

Henri III

Roi de Pologne (1573-1574) sous le nom d'Henri Ier, puis roi de France (1574-1589). Henri III est le dernier de ces «Valois décadents» qui ont gouverné le royaume de France alors en proie aux guerres de Religion. Son règne, comme celui de ses frères qui l'avaient précédé sur le trône, fut marqué par les intrigues, les assassinats et la difficulté de dégager un parti qui soutienne véritablement la politique du roi. Dans la tourmente des années 1570-1580, Henri III ne se montra pourtant pas le monarque impuissant que l'historiographie traditionnelle a voulu stigmatiser ; cependant, l'extinction de sa lignée, en entraînant la plus grave des crises dynastiques de l'Ancien Régime, a souligné ses faiblesses et ses erreurs.

L'apprentissage de la fonction royale

Quatrième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis —  après François, Louis, mort en bas âge, et Charles —, le futur Henri III fut d'abord prénommé Alexandre-Édouard —  il ne cessa de porter ce prénom qu'à partir de 1564, et reçut alors celui de son père. Le jeune homme était le fils préféré de sa mère, Catherine de Médicis, qui était en outre persuadée qu'il régnerait, ainsi que le lui avait prédit Nostradamus.

Les principaux conseillers d'Henri, alors qu'il n'était encore que duc d'Anjou, furent le cardinal de Lorraine, de la maison de Guise, Philippe Hurault, sire de Cheverny, qui devint chancelier à la mort de Birague en 1583, et Gaspard de Saulx-Tavannes, son mentor sur le plan militaire.

La lutte contre les protestants

En novembre 1567, Charles IX le nomma lieutenant général du royaume, et il succéda à Anne de Montmorency à la tête de l'armée royale. C'est sous la direction de Saulx-Tavannes qu'Henri d'Anjou vainquit les protestants à Jarnac puis à Moncontour (1569), sans que ces victoires soient décisives. En 1569, Charles IX créa pour son frère le nouveau titre d'intendant général du roi ; le duc d'Anjou devait aider le roi dans sa tâche, mais dans les faits, son rôle se limitait à contresigner les ordres, qui restaient inspirés par Catherine de Médicis.

En 1571, Henri d'Anjou annula officiellement son projet de mariage avec Élisabeth d'Angleterre : d'une part, il rejetait l'idée de se marier avec une reine non catholique ; d'autre part, celle-ci avait refusé la moindre concession sur l'exercice du culte catholique dans son royaume.

En 1572, lors de la Saint-Barthélemy, il approuva les décisions de sa mère et de Charles IX ; pour protéger la maison où reposait l'amiral de Coligny, blessé dans l'attentat du 22 août, il avait fait nommer le maître de camp des gardes du roi, Caussens, qui était un ennemi personnel du chef protestant et qui participa à son assassinat. Par la suite, alors qu'il était candidat au trône de Pologne, Henri fit publier un Bref et vrai récit du dernier trouble de France survenu à Paris, dans lequel périt l'amiral ; il tentait de s'y disculper, niant avoir participé au Conseil du roi au cours duquel fut prise la décision du massacre.

De janvier à juillet 1573, durant la quatrième guerre de Religion, Henri d'Anjou mena les armées royales lors du siège de La Rochelle. La nouvelle de son élection au trône de Pologne, qui lui parvint le 19 juin, le décida à trouver un compromis avec les insurgés, afin de ne pas s'aliéner ceux de ses futurs sujets qui étaient protestants. Il leva le siège le 6 juillet.

Roi de Pologne (1573-1574)

Sigismond-Auguste, dernier roi de la dynastie des Jagellon, qui régnait sur la Pologne, mourut le 7 juillet 1572. Le nouveau souverain devait être élu par l'assemblée des nobles du royaume.

L'élection d'Henri Ier

Lors de la réunion de la diète électorale, l'évêque de Valence, Jean de Monluc, représenta si habilement les intérêts du duc d'Anjou que celui-ci fut élu le 11 mai 1573 contre l'archiduc Ernest, fils de l'empereur Maximilien II.

Cependant, l'évêque de Valence avait dû faire certaines concessions aux nobles polonais, lesquelles revenaient à limiter le pouvoir du roi ; aussi les Polonais envoyèrent-ils une ambassade pour obtenir la confirmation d'Henri. Celui-ci hésita mais, devant la fermeté de la délégation polonaise («Jurabis aut non regnabis !», soit «tu jureras ou tu ne régneras pas !»), finit par accepter, non sans avoir pris soin d'obtenir par lettres patentes de Charles IX, le 10 septembre 1573, l'assurance de lui succéder au trône de France s'il mourait sans héritier mâle.

Le règne et le retour en France

Henri Ier de Pologne ne régna que cent quarante-six jours, du 24 janvier 1574, date de son entrée en Pologne, au 18 juin de la même année, date de sa fuite. Plus intéressé par les affaires françaises que polonaises, Henri Ier n'eut pas le temps de jouer quelque rôle que ce soit. Il prépara son évasion dès qu'il apprit la mort de son frère Charles IX, le 14 juin. Quatre jours plus tard, il s'enfuit en pleine nuit, ne fut rattrapé par son chambellan qu'à la frontière, qu'il put cependant franchir.

Son voyage de retour se fit par Vienne —  où il rencontra l'empereur et refusa son offre d'épouser sa fille, la veuve de Charles IX —, par Venise, enfin par Turin où il rencontra Henri de Montmorency-Damville, afin de le dissuader de poursuivre dans la voie de la révolte. Il accepta de restituer au duc de Savoie les places fortes que la France possédait encore en vertu du traité du Cateau-Cambrésis, notamment Pignerol.

La première partie du règne (1574-1577)

Blason Henri III

Henri III écrivit en juin 1574 à sa mère que «France et vous valent mieux que Pologne». Le nouveau roi savait pourtant qu'il allait aussitôt devoir affronter la question religieuse, et un soulèvement d'une partie de la noblesse. Il rentra en France le 5 septembre 1574, s'arrêtant d'abord à Lyon. L'une des premières mesures qu'il y prit fut de restreindre son Conseil à huit membres : le chancelier Birague, Jean de Monluc, Morvilliers, L'Aubespine, Paul de Foix, Pibrac, Cheverny et Bellièvre. Il renouait ainsi avec un Conseil étroit qui ne pouvait que mécontenter la haute noblesse, qui le lui reprocha dans ses déclarations des années 1574-1576. Enfin, la situation financière que trouva Henri III était désastreuse ; l'État était considérablement endetté, et l'écart se creusait entre les valeurs légale et commerciale de la monnaie, appauvrissant les sujets les plus humbles.

Le sacre du nouveau roi eut lieu à Reims le 13 février 1575, et, le surlendemain, il épousa Louise de Vaudémont, nièce du duc Charles III de Lorraine.

Politiques, malcontents et monarchomaques

À la suite de la mort d'Henri II, en 1559, et de la conjuration d'Amboise (1560), les rois et leurs conseillers avaient d'abord cherché à établir la concorde religieuse, sans y réussir ; puis, sous l'influence de Michel de L'Hospital, une possible tolérance civile s'était fait jour. Cependant, les guerres internes avaient ruiné les espoirs de paix et révélé des différences politiques importantes entre les partisans de cette tolérance civile : si tous souhaitaient un pouvoir fort, ils n'en concevaient pas la répartition de la même façon. Aussi, au retour d'Henri III en France, le royaume était miné par l'insubordination des nobles, des protestants comme des catholiques intransigeants, et dès le 10 septembre 1574, le roi publia une déclaration «touchant le retour de ses sujets dans son obéissance».

Le parti des «politiques» —  selon une appellation péjorative donnée par les «dévots», qui leur reprochaient leur manque de foi —, directement issu des théories de Michel de L'Hospital, insistait sur la souveraineté que devait exercer le roi assisté de son Conseil ; ses thèses évoluèrent peu à peu vers l'importance d'un pouvoir central fort, et débouchèrent sur les théories absolutistes qui triomphèrent avec l'avènement d'Henri IV. Les politiques se recrutaient essentiellement dans les milieux bourgeois issus de l'humanisme.

Les «malcontents», issus de la grande noblesse, s'ils s'accordaient avec les politiques sur l'importance de la dignité royale, cherchaient dans le même temps à écarter toute tentation absolutiste ; ils prônaient donc un partage effectif du pouvoir entre le roi, la noblesse et les états généraux. Les principaux représentants des malcontents furent Henri de Montmorency-Damville, Henri de Condé et Henri de Navarre, le futur Henri IV, qui évolua dans les années 1580, au fur et à mesure qu'il se rapprochait du trône, vers les thèses absolutistes.

Enfin, les monarchomaques —  néologisme péjoratif forgé sur les mots grecs monarchos et makhomai, signifiant «ceux qui combattent le roi» —  reprenaient les anciennes théories de prééminence des états généraux ; pour eux, le roi était choisi par Dieu et par le peuple ; aussi jugeaient-ils légitime de déposer un «mauvais roi», les sujets se trouvant délivrés de leur devoir d'obéissance dès lors que le prince était devenu un assassin et un tyran. Cependant, ils ne peuvent être considérés comme des démocrates au sens moderne du terme : le peuple n'est pour eux qu'une personnalité juridique représentée par les seuls états généraux.

La guerre des Malcontents (1574-1576)

À la mort de Charles IX, Montmorency-Damville avait été démis de son gouvernement de Languedoc par la régente Catherine de Médicis, au profit du successeur de l'amiral de Coligny, le marquis de Villars, un catholique intransigeant. Depuis Lyon, Henri III confirma cette décision ; aussitôt, Montmorency-Damville s'allia aux réformés et aux «catholiques paisibles» et entra en rébellion ouverte contre le roi.

Au même moment, à la fin de 1574, Henri III connut la première de ses crises d'abattement, au cours desquelles il se livrait à des démonstrations d'humilité, qui impressionnèrent défavorablement ses contemporains ; il fit ainsi pénitence à Avignon, pieds nus, peu avant la Noël 1574. La reine-mère joua alors un rôle décisif dans les négociations avec les nobles révoltés, surtout après la fuite de François d'Alençon de la cour, le 15 septembre 1575, aggravée par la fuite d'Henri de Navarre en février 1576.

Par l'édit de Beaulieu (6 mai 1576), Henri III reconnaissait ses erreurs lors de la Saint-Barthélemy et en réhabilitait les victimes. Il acceptait de réunir les états généraux, espérant que ceux-ci annuleraient les dispositions de l'édit, trop favorable selon lui aux protestants et qu'il n'avait signé qu'à la demande de la reine-mère. Opposés à l'édit, les catholiques intransigeants créèrent une première Ligue, à la tête de laquelle se plaça Henri III, ce qui lui permit d'en atténuer les conséquences politiques.

Les états généraux de Blois (6 décembre 1576 - 5 mars 1577)

Contrairement à l'attente des malcontents, qui en avaient demandé la réunion, les députés envoyés aux états généraux étaient en majorité issus de milieux catholiques, effrayés par les dispositions de l'édit de Beaulieu. Les états cherchèrent à contrôler ouvertement le Conseil du roi et à limiter son pouvoir de décision aux seuls cas où les trois ordres ne se seraient pas mis d'accord. Mais le roi refusa d'accéder à ces demandes ; il trouva l'aide de Jean Bodin, qui exprima l'idée que le partage de la souveraineté entre le roi et ses états était «du tout impossible». Enfin, les états généraux échouèrent à trouver une solution à la crise financière que traversait le royaume.

La sixième guerre de Religion (1576-1577)

Alors que la composition des états généraux, à majorité catholique, avait conduit les protestants à reprendre les armes et à ouvrir la sixième des guerres de Religion dès décembre 1576, l'incapacité du roi à trouver des fonds l'amena à chercher très rapidement la paix.

Cette prise d'armes fut marquée par les sacs d'Issoire et de La Charité-sur-Loire, et se conclut par la paix de Bergerac et l'édit de Poitiers (17 septembre 1577). Celui-ci restreignit considérablement la liberté de culte des protestants, mais, en interdisant les ligues de toutes tendances, il marquait un renforcement temporaire de l'autorité royale. Henri III pouvait dès lors espérer atteindre la concorde civile et s'atteler à résoudre les problèmes financiers.

De l'édit de Poitiers à la mort du duc d'Anjou (1577-1584)

Henri III procéda à certaines réformes, sans parvenir cependant à résoudre l'énorme déficit financier. Il s'attacha à créer son propre parti, dont la plupart des membres étaient issus de la noblesse moyenne. Ce faisant, il s'aliéna le soutien des grands, d'autant que certaines mesures les irritèrent, comme la nouvelle étiquette de la cour, qui rabaissaient les nobles des hauts lignages à des rôles subalternes.

Les mignons d'Henri III

La vie privée du roi et ses goûts suscitèrent l'hostilité, à cause de ses raffinements —  bijoux, notamment boucles d'oreille, parfums, vêtements… —, de son caractère non conforme à l'idée que ses contemporains se faisaient de leur souverain —  périodes d'abattement, crises mystiques —, et surtout de ses «mignons».

Henri III

Les mignons d'Henri III étaient des nobles d'épée, qui constituèrent ses favoris —  tel est en effet le sens du mot «mignon» au XVIe siècle, à l'exclusion de toute connotation sexuelle, même si les libellés dirigés contre le roi allèrent jusqu'à parler de «mignons de couchette». Les plus célèbres des mignons furent les deux «archimignons», les ducs d'Épernon, et de Joyeuse, ainsi que François d'O. D'autres mignons s'illustrèrent, tels François d'Espinay de Saint-Luc (1554-1597), qui prit part aux guerres de Religion, mais qui tomba rapidement en disgrâce —  par la suite, il fut nommé par Henri IV lieutenant général en Bretagne (1592) —, Louis Bérenger, seigneur du Guast, assassiné en octobre 1575 sans doute sur l'instigation de Marguerite de Valois, et ceux qui prirent part au célèbre duel des mignons, qui opposa, le 27 avril 1578, Jacques de Lévis, comte de Quélus (ou Caylus, 1554-1578), Louis de Maugiron et Livarot, à trois mignons d'Henri de Guise, Ribérac, Schomberg et Entragues ; seuls Livarot et Entragues survécurent.

Les réformes intérieures

Henri III entama de profondes réformes dans le domaine financier ; il fit établir un Estat du domaine et des finances de France (1583), qui dressait un inventaire des biens de la couronne et de l'évolution des impôts depuis le gouvernement d'Anne de Beaujeu —  sous son propre règne, de 1576 à 1588, le montant de l'impôt principal, la taille, passa de 7 à 18 millions de livres. Au terme d'importantes économies, ses financiers parvinrent à rééquilibrer le budget royal en 1585, limitant le déficit à 360.000 écus, contre 1.800.000 en 1584. Mais les troubles de la Ligue ruinèrent ces efforts, et les dettes royales culminèrent en 1588 à 133 millions de livres, contre 100 millions au début du règne.

En 1578, Henri III institua un nouvel ordre de chevalerie, pour tâcher de s'attacher des fidèles ; il lui donna le nom d'ordre du Saint-Esprit, ce qui était conforme à ses propres conceptions, parfois proches du mysticisme. Il créa plusieurs ordres religieux, notamment, en 1583, l'Oratoire de Notre-Dame-de-Vie-Saine (à Vincennes), puis deux autres encore en 1585. Il fit rédiger le Code Henri III par Barnabé Brisson, président du parlement de Paris, afin de tâcher d'unifier les diverses coutumes juridiques du royaume. Le Conseil du roi devint, à partir de 1578, le Conseil d'État ; il fut divisé en sections et réorganisé. Il modifia l'étiquette de la cour et publia un règlement à l'usage des courtisans, qui divisait ceux-ci en plusieurs niveaux. En 1582, à la suite de la bulle de Grégoire XIII Inter gravissimas, le royaume abandonna le calendrier julien pour le calendrier grégorien. Enfin, Henri III étant soucieux d'approfondir sa propre culture, il créa l'académie du Palais, autour de Ronsard et de Du Baïf.

L'absence d'héritier

Il devint très vite évident que le couple royal était stérile —  cette stérilité était peut-être la conséquence d'une fausse couche de la reine. Les époux royaux tentèrent par toutes sortes de moyens d'obtenir un héritier, à la fois par des recettes de médecins ou de guérisseurs, par des pèlerinages et par des mortifications. À partir de la mort du duc d'Anjou, en 1584, l'extinction des Valois devint une certitude.

La question de la succession au trône devint l'enjeu du règne. Henri de Navarre était le légitime successeur d'Henri III selon la loi salique, mais sa religion entrait en contradiction avec une tradition bien établie, qui voulait que le roi Très-Chrétien soit catholique. Le plus proche parent catholique d'Henri III était Charles, cardinal de Bourbon, né en 1523, dont il était certain qu'il n'aurait pas d'héritier. Henri de Guise se posa dès lors en successeur possible ; les Guise affirmaient en effet descendre directement de Charlemagne, et prétendaient donc avoir des droits plus établis encore que les descendants d'Hugues Capet.

La lutte contre la Ligue (1584-1589)

Henri III dut alors affronter en priorité le parti des Guise ; sa personnalité, de plus en plus orientée vers la religiosité, lui attira l'hostilité d'une grande partie de ses proches, y compris celle de sa mère qui jugeait excessives ses manifestations de piété, et se rapprocha du parti des Guise.

Le traité de Nemours

Les Guise rendirent publique leur opposition à la succession d'Henri de Navarre par le traité de Joinville (31 décembre 1584), qui demandait l'éradication de la religion réformée. Conscient de la nouvelle guerre qui se préparait et de la misère que cela entraînerait, Henri III hésita sur la politique à suivre. Les Guise l'ayant sommé de se décider par leur Requête au roi et dernière résolution, Henri III s'engagea par l'édit de Nemours, signé par la reine-mère le 7 juillet 1585, à agir pour extirper la religion réformée du royaume. Les protestants n'avaient que six mois pour quitter le royaume, ou se convertir. À ce moment, Henri III espérait pourtant encore qu'Henri de Navarre abjurerait de nouveau, ce qui constituait pour lui la seule façon de conserver son royaume. Quelques semaines plus tard, le pape publia une bulle excluant les princes protestants Navarre et Condé de la succession au trône de France.

Après l'échec des négociations de Saint-Brice entre Catherine de Médicis et Henri de Navarre (décembre 1586 - mars 1587), les opérations militaires se soldèrent par la victoire des protestants à Coutras le 20 octobre 1587, et celle du duc de Guise à Auneau un mois plus tard. Henri III négocia par l'intermédiaire du duc d'Épernon la sortie des troupes étrangères du territoire, frustrant ainsi Guise d'une victoire plus complète.

La révolte de Paris

En 1588, l'Espagne se préparait à lancer son Invincible Armada contre l'Angleterre d'Élisabeth Ire, et la lutte entre catholiques et réformés atteignit son paroxysme en France également ; le duc de Guise échoua à procurer un port sur la Manche à son allié espagnol, mais ses menées lui attirèrent la haine d'Henri III. La situation du roi était incertaine, notamment à Paris, où les prédicateurs excitaient la population contre lui et où la situation économique était critique.

Malgré l'interdiction que le roi lui avait faite, Henri de Guise entra dans Paris le 9 mai 1588. Henri III renonça à exiger son départ, mais il fit pénétrer ses troupes dans la capitale, sous prétexte d'en chasser les étrangers et les vagabonds, et les Suisses en occupèrent les principaux points stratégiques. Les ligueurs réagirent le 12 mai, en dressant des barricades dans la plupart des quartiers de Paris, et jusqu'aux alentours du Louvre. Les Parisiens demandèrent alors au roi de rappeler ses troupes, ce qu'Henri III accepta.

Le 13 mai, cependant, l'agitation ne retombant pas, le Valois, convaincu que le duc de Guise allait lui ôter sa liberté, décida de quitter Paris ; il abandonna sa capitale dans l'après-midi, et arriva à Chartres le lendemain. Il ne pouvait plus résister aux ligueurs, et il signa l'édit d'Union que lui proposa le duc de Guise, qui confirmait le traité de Nemours.

Les états généraux de 1588

Henri III convoqua de nouveaux états généraux à Blois (16 octobre 1588 - 16 janvier 1589). Il ne put résister aux prétentions des députés, en majorité ligueurs et acquis au duc de Guise, et dut accepter d'abaisser les impôts sous peine de voir les députés du tiers état quitter l'assemblée ; surtout, il accorda aux états généraux un droit de regard sur la composition de son conseil.

L'assassinat des Guise (23-24 décembre 1588)

Henri III avait sans doute conçu depuis plusieurs mois le projet d'assassiner le duc de Guise ; ce n'est que devant l'insubordination des états généraux, partisans ouverts de son rival, qu'il résolut de le supprimer. Il prit la décision avec quelques fidèles, qui organisèrent l'attentat, dont l'exécution fut confiée aux membres de sa garde personnelle, les Quarante-Cinq, hommes d'armes gascons entièrement dévoués à leur maître. Le roi prétexta de son départ pour réunir son Conseil tôt le matin du 23 décembre, puis il fit appeler le duc de Guise pour un entretien privé dans sa chambre ; c'est avant de pénétrer dans la chambre du roi qu'Henri de Guise fut assassiné. Les hommes du roi se saisirent en outre de Louis, cardinal de Guise, qu'ils assassinèrent le lendemain matin.

Le roi justifia sa décision par les crimes de lèse-majesté qu'il imputait au duc de Guise, et le mode d'exécution par la puissance qu'avait atteinte son rival, qui interdisait de procéder par les voies normales de la justice. L'assassinat du cardinal de Guise eut les conséquences les plus fâcheuses pour le roi : le pape Sixte Quint n'accepta pas ses justifications et, après que le Valois se fut allié avec le Béarnais, il finit par l'excommunier le 5 mai 1589.

Les états généraux s'achevèrent sans que le roi ait pu venir à bout de la rébellion des députés du tiers. De plus, la Ligue n'était pas décapitée : Mayenne, le frère cadet du duc, en avait repris la tête, et Paris entrait en rébellion ouverte, se plaçant sous la protection du duc d'Aumale, cousin des Guise.

Le régicide

L'agitation était à son comble dans la capitale, où des libellés incendiaires glorifiaient le martyre des Guise et demandaient la déposition voire l'exécution du roi. Le duc de Mayenne s'octroya le titre de lieutenant général de l'État, tandis que les villes ligueuses se soulevaient contre Henri III.

Le roi se replia à Tours, où il chercha l'appui d'Henri de Navarre ; le 3 avril 1589, il signa avec celui-ci le traité de Plessis-lès-Tours, par lequel royalistes et protestants concluaient une trêve et dirigeaient leurs armes contre la Ligue, désormais privée de tout appui —  l'Espagne avait perdu son Invincible Armada. Le duc de Mayenne remporta cependant, près d'Amboise, les premiers succès dans la nouvelle guerre qui s'engageait (28 avril), mais la contre-offensive menée par le roi de France et celui de Navarre les amena rapidement à Étampes (1er juillet) et aux portes de Paris.

Henri III s'établit à Saint-Cloud, le 31 juillet. Le lendemain, il accepta de recevoir Jacques Clément, un religieux dominicain, qui se disait porteur de nouvelles secrètes. Il le reçut dans sa chambre, et le moine le frappa d'un coup de couteau au bas-ventre. L'après-midi même, le roi eut le temps de réunir ses principaux vassaux, auxquels il demanda de reconnaître Henri de Navarre comme son successeur ; il exhorta celui-ci à se convertir au catholicisme. Henri III mourut dans la nuit, le 2 août 1589.



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Source :
Hachette Multimédia/Hachette Livre, 2000
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